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L’interprétation, un dire qui résonne

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Interpréter, chacun ne fait que ça. L’inconscient aussi mais, interprétant de travers, pour fonder une hypothèse, une élucubration de savoir sur lalangue – impact des mots sur le corps. Suivant cette voie, le langage appareille la jouissance et le symptôme comme métaphore se veut sens-joui, articulant « une face de vérité et une face de réel[1] ». Aussi, dans la psychanalyse, faut-il en passer par le sens. Sinon, comment opérer ? Comme le rappelle Jacques-Alain Miller, « pour qu’il y ait symptôme […] sans doute faut-il qu’il y ait du sens en jeu. Il faut que ça puisse s’interpréter.[2] » En passer par le sens certes, mais non pour le nourrir. Au contraire, ponctuer pour le contrarier puis, au-delà des effets sémantiques, au-delà du sens « faire résonner la cloche[3] ». Là, l’interprétation relève d’un nouveau mode de dire – du cri, de la jaculation à l’occasion. Un dire qui fasse coupure pour produire un effet de sens qui lui, toucherait au réel par ses effets de résonnance en-corps.

Interpréter un symptôme ne vise pas à le guérir mais à faire sourdre la jouissance : « c’est lalangue dont s’opère l’interprétation – ce qui n’empêche pas que l’inconscient soit structuré comme un langage[4] ».

Les Analystes de l’École en témoignent, chacun de manière singulière. Les prochaines Journées de l’École aussi.


[1] Miller J.-A., « Lire un symptôme », Mental, no 26, juin 2011, p. 55.
[2] Ibid., p. 54.
[3] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Choses de finesse en psychanalyse », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université Paris 8, cours du 13 mai 2009, inédit.
[4] Lacan J., La Troisième, Paris, LaDivina/Navarin Éditeur, 2021, p. 25.

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